Par peur d’ennuyer son auditeur.ice, on a tendance à penser qu’il vaut mieux que notre discours soit le plus rapide possible. Certes les phrases directes et condensées sont très efficaces, cependant il ne faut pas oublier que derrière les oreilles qui nous écoutent il y a des humains et non des machines qui ont besoin d’un temps de compréhension. Prendre son temps ne signifie pas être lent. Aménager des pauses, des silences, sera souvent un moyen d’être plus clair. Voici quelques conseils pour apprendre à faire silence…

1/ Avis aux timides

Le silence est le grand ami des timides, réservés et anxieux, soit de la plupart de ceux qui s’exposent aux regards du public. Alors, il est intéressant de voir les pauses comme des alliées.

a) Prendre une grande respiration (expiration par la bouche puis inspiration par le nez) avant de commencer à parler, cela permet de se détendre et d’éviter tous les parasites liés au trac (bégaiement, gestes inutiles, etc.)

b) Retrouver la mémoire : on peut avoir peur d’oublier ce qu’on a à dire. Il arrive parfois de perdre le fil de notre pensée si on a été perturbé par une réaction ou une question dans l’assistance. Faire une courte pause permet alors de ré-oxygéner notre cerveau afin de reprendre là où l’on s’était arrêté.
Perdre une idée cela arrive à tout le monde, parfois il vaut mieux passer à l’idée suivante pour retrouver plus tard ce qu’on avait à dire.

On associe le silence au fait « d’avoir un blanc », « un trou », mais on peut aussi le voir comme un outil positif, une béquille sur laquelle s’appuyer.

2/ Les silences et pauses de valorisation

Les silences et les pauses peuvent être utilisés comme des outils techniques qui permettent d’être mieux entendu par l’auditoire

Avant une information importante on peut ménager une courte pause pour la mettre en valeur.
Exemple : Un chiffre / la société a réalisé cette année un chiffre d’affaire de // 15 millions d’euros

La pause peut intervenir avant ou après l’information
Exemple : 1998 // date qui marque le début de cette grande aventure

On peut même annoncer l’importance de cette information :
Exemple : Attention / notez-bien la date buttoir /// dans 2 semaines

On peut aussi accentuer, articuler et faire une pause entre chacun des mots qu’on veut mettre en valeur.
Exemple : Je souhaiterais une // T-O-T-A-L-E // implication / de la part / de // tous.tes !

Les silences font travailler l’auditoire : intégrer des respirations dans le discours permet à l’auditoire de participer. Il peut penser en même temps que celui qui parle et combler lui-même les trous. Celui qui écoute suit le raisonnement de l’orateur.
Pour celui qui parle c’est un moyen de se rendre compte de l’attention du public.
Ces pauses ne doivent pas être des pièges mais des évidences.

3/ Dire en silence

Au quotidien, on ne parle pas en permanence. Le silence rythme naturellement le discours. Il est une respiration.

Les silences permettent :
-de réfléchir à ce qu’on vient de dire
-de recevoir ce qui vient d’être dit et de l’assimiler
-de reprendre son souffle
-de mettre un terme au discours

Les pauses sont donc bénéfiques pour le récepteur comme pour le locuteur. Il est important de différencier les pauses à l’intérieur du discours et le silence final qui clôt le propos. Ce dernier marque la fin du discours, l’orateur n’a plus rien à dire. Il peut être ouvert sur une interrogation, une idée à débattre ou fermé sur une affirmation, un point final.

LE CONSEIL DU JOUR

  • Quand vous êtes face à un public, celui-ci vous accorde toujours 100% de crédit, il ne voit pas vos défauts ! C’est à chacun de se connaître pour faire de son défaut une qualité. Si on a tendance à s’éparpiller et qu’on perd son auditoire, il est possible de dire : « je m’éparpille car je suis passionnée par ce sujet, si vous voulez plus de détails venez me voir à la fin de la présentation. Pour l’instant revenons au sujet du jour… ».

  • Pour s’entraîner : pensez aux moments du discours que vous souhaitez valoriser et répétez à haute-voix en insérant des temps de pause à ces endroits. Pour vous aider, imaginez que vous être présentateur de jeu télévisé, et que chaque pause se situe avant la bonne réponse. Lors du discours cela permettra de trouver les pauses justes.

A vous de jouer et rendez-vous le mois prochain pour un nouvel article…

Angèle Arnaud

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