Il n’existe pas de définition officielle de l’hyperconnexion. Selon une étude publiée dans le magazine Psychological Science, par les chercheurs Wilhelm Hofmann et Kathleen Vohs de l’Université de Minnesota et une équipe de l’école de commerce de l’Université de Chicago : le besoin d’être connecté à internet et aux réseaux sociaux est plus irrésistible que celui de fumer une cigarette, de boire de l’alcool ou d’avoir des relations sexuelles. Cette hyperconnexion a des conséquences directes. Elle influe notamment sur notre concentration. Pour la plupart d’entre nous il est très difficile de nous concentrer plus de 8 secondes sur un même sujet sans que notre esprit soit happé par un élément extérieur.

Comment prendre en compte l’hyperconnexion lors de nos prises de paroles ? Faut-il céder à la dictature du plus convaincant en inventant toujours des moyens plus attractifs ? Voici quelques conseils…

CONSEIL n° 1 : A bas la culpabilité !

On ne peut pas intéresser tout le monde. Comme le dit Daniel Pennac dans Comme un roman, le verbe « rêver » ne supporte pas l’impératif, de même qu’on ne peut pas forcer les gens à rêver on ne peut pas les obliger à ne pas le faire. Mais il s’agit d’attirer l’attention de ceux qui nous intéresse.

a) Définissez votre cible : à qui parlez-vous ? Pour lui dire quoi ?

 

b) Une fois le public identifié vous pourrez choisir le média/ support le plus adapté pour le toucher.

Utilisez différents supports, certes, mais ne pas les multiplier car trop nombreux ils perdraient l’auditoire qui doit déjà jongler avec la masse d’informations quotidiennes dans laquelle il est noyé.

CONSEIL n° 2 : Synthétisez…

a) Soyez concis, précis, clair.

-Eliminez les parasites de votre discours (tics corporels et langagiers)

b) Structurer sa prise de parole : établir un plan.

Annoncez clairement vos changements d’idées et de parties : si certains décrochent ils pourront prendre le train en marche.

Exemple : « Nous avons vu que l’hyperconnexion entraîne une baisse de la concentration maintenant nous allons exposer plusieurs moyens d’y remédier. »

CONSEIL n° 3 : Parlez en paix

OUI, le monde avance à vive allure et il est difficile de le suivre MAIS ce n’est pas pour autant qu’il faut avoir un débit de parole à grande vitesse.

a) Prenez votre temps.

Quitte à en laisser quelques-uns sur le carreau mieux vaut que ceux qui écoutent comprennent ce que vous leur dites.

Alors respirez : perdre du temps à bien expliquer c’est en gagner à ne pas répéter.

b) Soyez tranquille. 

Sylvain Bourmeau, le rappelle en créant l’émission A voix nue, sur France Culture, dans laquelle chaque penseur est invité à garder un débit de parole lent, plus humain et compréhensible. En opposition à celui que l’on entend habituellement dans les médias*.

En parlant lentement on a parfois plus de chance d’être entendu car notre voix est la seule qui se distingue de la cacophonie ambiante.

LE CONSEIL DU JOUR

  • Vous avez suivi ces conseils lors de votre préparation, votre prise de parole est structurée, claire, variée, maintenant… n’y pensez plus! Ne vous préoccupez pas de ceux qui regardent leurs portables ou leurs montres. Ayez confiance et allez jusqu’au bout : si vous y croyez le public aussi.

  • Il est possible de proposer à vos auditeurs d’éteindre leur portable avant le début de votre prise de parole. Sans être une obligation cela peut être une invitation à se déconnecter du monde virtuel et à se connecter au présent !

A vous de jouer et rendez-vous le mois prochain pour un nouvel article…

Angèle Arnaud

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