Ils parasitent nos discours on les appelle tics, abus de langage, fourre-tout, expressions-doudous, ce sont nos meilleurs alliés mais ils peuvent aussi être nos pires ennemis. Comment les utiliser à notre avantage ? Voici quelques conseils…

1/ Les tics de langage des bouées de sauvetage ?

« Dans le langage des artistes, on appelle ça le trac. Les chocottes, les jetons, la pétoche si vous préférez. Qui vous transforme les rotules en pâte à guimauve, le cerveau en yaourt scandinave, et le cœur comme un solo de Ringo Starr. Surtout avant d’entrer en scène, quand tu vérifies une dernière fois, dans la glace piquetée du débarras malpropre qui sert de loge, l’ordonnance de sa coiffure, le maintien martial de sa silhouette et si sa braguette est bien fermée. Entrer en scène, même si c’est dans l’arrière-salle d’un bistrot minable, c’est comme se jeter pour la première fois à l’eau après avoir appris la brasse à plat ventre sur un tabouret. On en ressort trempé et transi mais soulagé, avec la vague impression d’avoir échappé à une mort certaine*. »

Ce critique de rock compare la prise de parole à la sensation de noyade, une perte de contrôle dans un univers que l’on maîtrise peu. Chaque prise de parole serait comme réapprendre à nager ou à faire du vélo. Mais le vélo ça ne s’oublie pas ! L’artiste comme l’orateur acquiert peu à peu un savoir-faire qui lui permet d’être moins anxieux, plus à l’aise, même face à un nouveau public ou dans un lieu inconnu.

On a tendance à utiliser des mots ou expressions « doudous » qui nous aident à nous sentir en sécurité face à l’envie de trouver le mot juste, de freiner une pensée qui court vite ou vouloir éviter de faire patienter l’auditoire. Mais un discours ponctué de « euh », « bah », « donc », « voilà », « alors », « tu vois » peut vite devenir inaudible pour l’auditoire.

Voici quelques astuces pour épurer vos prises de paroles en toute sérénité…

2/ Utiliser ces parasites comme des appuis

Voici quelques expressions fourre-tout qui reviennent régulièrement et parasitent le discours. Identifiez-les pour en faire des alliées.

- Un petit peu, ou pas, je dis ça, je dis rien : les mots d’excuses qui minimisent

« Nous allons parler un petit peu du réchauffement climatique », c’est un moyen de ne pas assumer le sujet abordé, c’est un appel pour l’auditoire qui se sent autorisé à être moins attentif. Finir une phrase par « ou pas », ou « je dis ça, je dis rien », revient à invalider la totalité du propos qui précède ce qui peut s’avérer agaçant pour l’auditeur qui ne sait plus où le locuteur se positionne.

Une astuce : pour s’en débarrasser, affirmer son propos. Ces mots sont synonymes d’un manque de confiance pour les éviter, pensez à faire des phrases courtes et affirmatives.

- Voilà : le faux-allié

Cette expression qui désengage le locuteur est souvent utilisée pour conclure. C’est un moyen de ne pas prendre la responsabilité de son propos. « Voilà » équivaut à débrouille-toi, il est possible de s’en servir mais en l’explicitant.

Une astuce :
Finissez vos phrases : « voilà pourquoi j’ai décidé de postuler à votre offre ».

- Tu vois, euh, bah, donc : la ponctuation inutile

Ils ponctuent nos prises de paroles mais sont vides de sens.

Une astuce : le silence est votre meilleur allié. Ces mots ne comblent pas les blancs mais ils encombrent les oreilles de l’auditeur et l’empêchent de saisir l’essentiel.

ATTENTION !

  • Les parasites de langage se traduisent souvent dans le corps par des tics : mains nouées, instabilité des jambes . Ils résultent du même malaise. Pour s’en débarrasser le remède est le même : identifiez-les et voyez-les comme vos alliés !

LE CONSEIL DU JOUR

  • Quand un tic de langage est trop présent il rend le reste du discours muet, l’auditeur n’entend plus que le mot-parasite. Pour éviter cet écueil on peut s’enregistrer et noter sur une feuille les mots qui reviennent trop souvent.

IMG_0582

A vous de jouer et rendez-vous le mois prochain pour un nouvel article…

Angèle Arnaud

www.a-suivre-formation.com

www.facebook.com/suivreformation/

https://www.linkedin.com/feed/

*Christophe André, Patrick Légeron, La peur des autres, Odile Jacob, Paris, 2003